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Libre, c’est tout !

Et si, au lieu de nous goinfrer d’images, de représentations, de sécurités et de conventions, nous osions nous jeter avec confiance et enthousiasme dans la réelle épaisseur de nos vies ?

Il y a ce qui est convenable de penser et ce que nous pensons vraiment. Il y a ce que le système attend de nous et les points sur lesquels nous aimerions fortement qu’il évolue. Il y a ce qui est bon pour toutes les personnes dont nous sommes responsables et ce à quoi nous avons consenti pour ne pas trop en rajouter à des jours déjà si lourds. Il y a ce dont nous sommes fiers et ce dont nous nous justifions en boucle. Il y a le parcours sans faute que nous avons effectué depuis la maternelle et l’accumulation des handicaps qui frappent tous ceux qui n’ont pas eu cette chance et que nous croisons chaque jour. Il y a l’impression de mener nos vies du bout du doigt sur l’écran de nos smartphones 4G (bientôt 5) et ce réel qui fait de la résistance dans nos rues, nos banlieues, nos EHPAD, autour des berges de nos fleuves, à nos passages à niveau ou dans les résultats de notre dernier bilan sanguin.

Il y a la perspective de la retraite, de nos prochaines vacances à Megève ou à Maurice, de la liquidation de nos stock-options et cette petite musique entêtante, collante qui revient en boucle dans vos pires insomnies : « Si je meurs tout à l’heure, qu’est-ce que mes amis, mes proches, retiendront de moi ?’ Ma sortie dans la botte d’une grande école ? Le cuir fauve de mon Audi A6 de fonction ? La réussite de notre dernière IPO ? Nos soirées en blanc, notoirement éméchées, à Saint Paul de Vence?  Mon goût immodéré pour les caméras et micros de BFM Business ?  … »

Bien sûr, de telles pensées ne nous titillent pas tous, tous les jours et avec ces mots-là; mais de là à dire que le bilan de notre vie nous indiffère profondément ou que c’est vrai pour les autres mais pas forcément pour nous …?!

Il est encore temps de prendre chacune de nos existences à pleins bras. Il est encore temps d’aller au bout de ce que la conjugaison de notre expérience, de nos talents, de notre désir et surtout de notre liberté nous invite à vivre (Emmanuel Macron, la BCE et les GAFA ne peuvent pas tout et c’est plutôt une bonne nouvelle ; même si c’est souvent bien confortable de leur abandonner notre avenir ou de leur attribuer la paternité de tous nos maux).

Il est toujours temps de repenser notre action en regardant au-delà des KPI, de l’EBITDA et de la hausse prévisible de nos primes sur objectifs. Et pas seulement pour les dégâts collatéraux qu’entraînent inéluctablement les triviales logiques de prédation ou de survie qui polluent à l’envi la vie politique, économique ou sociale d’aujourd’hui.

Il est toujours temps de prendre le temps de questionner l’acquis, d’affronter le convenu, de challenger l’agréé, de bouleverser l’habitude, d’explorer l’impensé pour apporter une réponse simple, claire et juste à un monde qui semble se noyer dans ses propres conventions et dérives.

C’est aussi cela qui libère l’entreprise, valorise sa singularité, booste sa transformation, nourrit sa capacité d’innovation, structure sa RSE, unit son CODIR, séduit les nouvelles générations, retient l’attention des meilleurs investisseurs.

La mission première des chefs d’entreprises et des managers inspirés est de réexaminer stratégies d’entreprise, de marque ou de développement au delà des habituelles conventions et selon une approche holistique qui comprend l’homme dans sa triple dimension : corps, cœur et esprit, car elle est indéniablement porteuse de sens et d’innovation utile (deux denrées si rares dans la plupart de nos modèles d’affaire épuisés ou grimaçants).

Les vrais leaders sont visionnaires. Ils sont enracinés dans l’humus de la vraie vie. Ils ont remarqué que leurs clients étaient avant tout des êtres humains, tout comme leurs collaborateurs et leurs fournisseurs. Ils savent regarder au delà de leurs écrans. Ils ne répliquent pas incessamment les mêmes stratagèmes. Ils ne campent pas sur leurs certitudes. Ils ne font pas semblant de diriger. Ils ne demandent pas la permission à leurs actionnaires, leurs clients, leurs collaborateurs ou même à l’agenda qu’on leur impose pour dessiner les contours d’une offre, d’une marque ou d’une entreprise dont on se demande encore comment on a pu ne pas y penser plus tôt. Ils osent penser, à la fois juste et à côté. Et leur éloge funèbre a peu de chances de ressembler un jour à une triviale to-do-list aux cases plus ou moins bien cochées.

Allez, le temps pour vous de ranger votre i.Pad, d’enfiler une bonne paire de chaussures de marche, de réunir autour de vous une petite équipe motivée et on s’y met !