Tous les articles par Aubry Pierens

Effets collatéraux de la tyrannie digitale : des analyses convergent des deux côtés de l’Atlantique.

conversationQuand des experts et universitaires – américains de surcroît -illustrent, observations méthodiques à l’appui, que le chapitre 3 d’Un Regard Peut Tout Changer (Editions Salvator) a bien mis le doigt sur un enjeu bien moins anecdotique qu’on ne le pense généralement :)

 

L’obsolescence programmée entre en phase terminale.

Nous pressentons avec espoir qu’une page sombre de la technique marketing est en train de se tourner. La disparition de l’obsolescence programmée est en bonne voie. Et il en sera ainsi pour toutes les techniques de vente trompeuse ou forcée, fondées sur le mensonge, la manipulation ou l’abus de faiblesse. Il n’est point toujours besoin d’une intervention intrusive du législateur, le bon sens et la justesse finissent toujours par triompher dès lors que l’on prend le temps de regarder l’acheteur dans sa triple dimension : corps, cœur, esprit, et non simplement son porte-monnaie ou son appartenance à tel ou tel socio-style de ‘conso-crétins’.

« Obsolescence », « programmée » : deux mots qui blessent.

La notion d’obsolescence renvoie à un échec, à une défaite face au temps. Tout comme la mort que l’homme s’évertue infiniment à repousser ou à effacer. Plus l’objet est inscrit dans notre existence où il se révèle prothèse familière tel le fer à repasser ou le grille-pain, moins sa performance ou sa technologie progresse objectivement, et plus son obsolescence, soudaine, inattendue, nous est insupportable.

En creux, nous savons tous que, dans un univers clos, la perte des uns peut faire le bénéfice des autres. Et cette prise de conscience accroit encore plus chez chacun un sentiment d’injustice et de frustration. Que certains conçoivent et fabriquent des produits en recourant à des matériaux et des mécanismes dont ils fixent à l’avance la durée de vie et la défaillance pour en garantir le renouvellement, nous trouble. Qu’ils gagnent alors que d’autres perdent, nous est le plus souvent insupportable. Surtout lorsqu’on se trouve du côté des perdants…

Le mot « programmée » exacerbe l’idée d’une prédestination, d’une intelligence extérieure, manipulatrice et agissante qui, une fois lancée, nous apparaît déjà hors de contrôle. Le programmateur nous inquiète, nous agace, nous irrite ; qu’il ait ou non une expertise et une maîtrise technologique supérieures à la nôtre. C’est dire si le sujet a tous les atouts pour devenir populaire… Et la révolte gronde rapidement chez tous ceux que la circulation accélérée et transparente des informations sur internet a instruit de cette technique utilisée subrepticement pour accroître le niveau d’emprise de certains sur chacune de nos vies.

Les objets n’ont pas vocation à l’éternité. Néanmoins, l’obsolescence programmée se révèle pratique médiocre, mise en œuvre par des marketeurs myopes avec la complicité d’ingénieurs et de techniciens invertébrés. Elle a un coût, et ceux qui le supporteront ne sont pas toujours ceux qu’on croit.

La vraie défaillance ne se trouve pas dans le produit lui-même.

L’obsolescence programmée dit quelque chose des produits, des marques et des entreprises qui y recourent. Elle hurle le mépris des consommateurs et des utilisateurs, car elle les envisage comme suffisamment stupides pour ne pas le constater, et amnésiques pour ne pas en tirer une leçon. Or, la casse soudaine d’une pièce essentielle, le vieillissement accéléré d’un matériau, la diminution des performances, ne s’apprécient pas dans le doux somnambulisme de l’ultra-consommation et un rêve inassouvi et permanent de renouvellement. Le constat est brutal. Il viole une relation entre l’utilisateur et l’objet. Il meurtrit profondément la quiétude d’une économie personnelle en obligeant à une dépense inattendue et contrainte.

Comme par hasard, l’obsolescence programmée s’accompagne le plus souvent d’une impossibilité de réparer, de corriger la défaillance, de trouver une solution ou un accès alternatif. Elle fait de la technologie utilisée une citadelle inaccessible, claquemurée derrière ses vis Torx et Pentalobe (non-dévissables sans outillage adapté) ou ses éléments scellés (processeur, mémoire vive et mémoire flash de stockage soudés sur la carte mère, batterie collée au fond du boîtier, écran ne pouvant être séparé de sa vitre de protection – cf évaluation d’un des tout récents McBook Pro par www.ifixit.org). Elle dénie aux ingénieux, aux économes, aux ‘responsables-du-monde-qu’ils-empruntent-à-leurs-enfants’, la possibilité et le droit d’apporter par eux-mêmes – ou par beau-frère ou voisin interposé – une libre réponse à la défaillance, un supplément de vie à la chose sub-claquante. L’obsolescence programmée contraint à jeter trop vite aux ordures – même retraitées ou valorisées – des objets dont la fonction première répondait pourtant encore au besoin originel. Rares sont ceux qui oublient cette blessure. La conscience ne le formule sans doute pas ainsi, mais le subconscient en garde vivace la trace.

Il est temps de faire tomber dans l’oubli ces pratiques d’un autre âge.

 Il est temps de ne plus prêter crédit aux croissances artificielles de chiffres d’affaires tirées par des pratiques qui exploitent avant tout la candeur ou l’ignorance de ceux qui vivent encore dans les illusions de la société de consommation. Il est temps de dénoncer le design d’apparence destiné à démoder l’enveloppe extérieure pour nous faire oublier le fonctionnement intact de la fonction. C’est trompeur, racoleur, vulgaire et finalement toujours décevant.

Développons au contraire toute activité économique qui convoque l’ingéniosité de ceux qui ont le don de redonner vie à l’objet cassé, abîmé, en panne. Le consommateur avisé et son comparse: le réparateur ingénieux, rendent en fait un hommage détourné au fabricant originel et à sa marque. Ils lui disent que ce qu’il a engendré et signé a encore du prix à leurs yeux et mérite de se voir accorder une nouvelle vie. Ils ne s’interdisent pas de lui faire à nouveau confiance et de lui acheter un autre produit de la même marque. Ou de remplacer à terme le produit qui sera allé au bout de son existence par un produit de marque identique, mais de nouvelle génération. La croissance du chiffre d’affaires sans doute plus lente, mais assurément plus pérenne et profitable.

Favorisons ces emplois de proximité géographique et psychologique qui entretiennent magnifiquement le lien social (cf les « cafés-réparations », labellisés « Repair Cafés », une marque déposée créée aux Pays-Bas en 2009 présente sur 900 sites dans 22 pays – dont une dizaine en France – http://repaircafe.org/fr/). Ils sont essentiels à l’écoulement durable et paisible de nos vies comme le sont d’autres ‘restaurateurs’, tels le médecin, le boulanger, l’aubergiste, le cordonnier ou le pharmacien.

Préférons les marques qui adoptent résolument les exigences de l’économie circulaire. Telle l’innovante et vraiment responsable : OWA (www.armor-owa.com/fr) qui signe des cartouches d’impression laser de qualité, compatibles, remanufacturées avec soin par le groupe ARMOR et garantissant dès l’achat, collecte et retraitement environnemental intégral.

Adoptons enfin les produits dont la valeur d’usage grandit aussi avec leur pérennité. C’est l’honneur des vrais bâtisseurs de faire traverser le temps à leur œuvre et leurs ouvrages ; et ce ne sont pas les Hénokiens (www.henokiens.com), club de belles entreprises familiales toujours en activité depuis 200 ans qui vous diront le contraire. Une nouvelle génération d’entrepreneurs ne s’y trompe d’ailleurs pas qui multiplie les entreprises (cf http://www.buymeonce.com de l’ex-publicitaire Tara Button) faisant de la durabilité des produits et services vendus un élément essentiel de leurs offres.

Toutes ces initiatives expriment ainsi notre résilience ou notre opposition face au cynisme et l’égoïsme de générations de managers irresponsables, instigateurs et, au bout du compte, premières victimes de leurs propres existences et idéologies à obsolescence programmée.

*aubry pierens

Article publié pour la première fois, le 13 août 2016, sur le site d’Economie Matin.

Vacances d’été 2016 : dix observations anecdotiques qui pourraient bien nous dire quelque chose d’important.

#1. Vous êtes apparemment le seul à vous croire en congé. Un mail vous annoncera bientôt que vos actionnaires, votre associé ou votre patron vous attendent de pied ferme, fin août, avec un budget révisé et votre nouvelle feuille d’objectifs. Allez, c’est pas grand chose ; juste un petit PowerPoint et des tableaux eXcel à bidouiller comme d’hab’, mais cette fois, au bord de la piscine à Formentera, avec l’iPad Pro et l’abonnement 4G fournis par l’entreprise. Veinard !

 #2. Prendre son temps a visiblement quelque chose à voir avec
la vraie vie. 
Lire. Peindre. Pêcher. Jouer au Mölkky. Siroter un petit verre de blanc limé sur le coin du zinc à Sauveterre-de-Rouergue. S’autoriser une minute (ou plus …) de silence contemplatif face à l’époustouflante beauté de la Nature. Piquer un somme sous le gros tilleul du jardin. Comme quoi on peut décider de ralentir, de s’arrêter même, et faire tous les jours des choses incontestablement plus vitales que pédaler toujours plus vite comme un hamster dans sa roue-cage !

#3. Le charcutier du marché vous aura vendu plus de fougasses
aux olives, de culatello de zibello, d’artichaunades et de saucissons
au piment d’Espelette en deux semaines que vous n’en consommez habituellement en une année. 
Et pourtant, il ne travaille pas à Palo Alto ou à Shenzhen, ne connaît rien au langage HTML5, ne vient pas de ‘lever’ 10 millions auprès de ses petits camarades de promo, ne ‘sort pas d’une business school’, n’est pas présent sur LinkedIn ou Twitter et ne possède pas un octet de ‘big data’ sur vous et vos compagnons de vacances. Bon, … on peut évidemment imaginer qu’il aime d’abord les gens, ses produits, son métier, les saisons, la vie, … mais ça ?!

#4. L’écran total n’empêche pas les coups de soleil. Vu le nombre
de d’assertions non vérifiées, rédigées de façon approximative, et mises en ligne chaque été sur les meilleurs sites d’information par de fort sympathiques stagiaires intérimaires, il vaut mieux marcher à l’ombre avec des amis sous les frondaisons de Brocéliande et renoncer à parcourir nerveusement Google Actualités …

 #5. L’imprévu fait bien les choses. Si vous persévérez quand même
en négligeant le point ci-dessus, vous verrez – avec un peu de bonne volonté et de liberté intérieure – qu’on peut très bien vivre heureux loin d’une prise courant, dans une zone sans couverture 4G, ou délesté de son iPhone 6S 32G parti soudainement en plongée  au large du Banc d’Arguin …

#6. « C’est quand la mer se retire qu’on voit ceux qui n’ont pas de maillot » (Warren Buffet). Tout comme on voit la vanité des modèles d’affaires en période de crise quand ils ne sont pas fondés sur une vision qui a du sens pour l’ensemble des parties prenantes. ‘15% de CA en plus à iso-effectifs avec 9% d’EBIT en 2016’, c’est effectivement un objectif, mais pas vraiment ‘l’obscur objet du désir’ de vos collaborateurs. Ni de votre plus gros client parti sur la Côte Dalmate, d’ailleurs !

 #7. L’image a moins d’effets qu’on ne le croit sur la réalité*.
L’alarme de votre appartement a fonctionné impeccablement. La patrouille de surveillance envoyée sur site vous a même confirmé très vite que l’effraction a bien eu lieu et que les voleurs apparemment cagoulés – et sans doute, très informés – ont été d’une efficacité redoutable. Grâce à la décision visionnaire de votre conseil municipal et l’offre si inspirée de votre cablo-opérateur, des dizaines de caméras HD ont filmé l’événement : dans la rue, devant l’interphone, dans le hall, dans l’ascenseur, dans le parking et même chez vous. Voulez-vous qu’on vous envoie la cassette à Porto Cervo ?
(* : ce cas est bien évidemment totalement fictif)

#8. Le monde parle haut et fort, mais si peu l’écoutent. Tendez les yeux! Ca commence sur les aires d’autoroute où tout le monde s’ingénie pourtant à s’arrêter en même temps. Ca continue sur la plage où, à coups de parasols, de draps de bain, de raquettes de plage et de châteaux de sable, des corps écarlates ou luisants, joliment bronzés parfois,  revendiquent subtilement leur part de territoire. Dans la rumeur qui monte du camping lointain ou dans le fond des caddies du Leclerc d’à côté. Les autres – qui sont d’ailleurs vos semblables – ont pourtant plus de choses à vous dire qu’on ne le perçoit généralement derrière les façades en verre chromé des bureaux de l’Ouest parisien ou sous les lambris dorés des palais de la République. Et ils ont raison de nous le rappeler : ‘Bah quoi, … on n’attend pas Patrick ?!’.

#9. Conduire ce qu’on appelle encore ‘une automobile’ se révèle toujours plus plaisant que de s’imaginer, transporté en ‘voiture autonome’. Dans mon véhicule actuel, je ne programme rien. Je n’abandonne à personne le choix de ma conduite. J’accélère, freine, ralentit, tourne à droite, tourne à gauche, m’arrête quand je veux pour faire pipi, et épargne prioritairement les piétons imprudents. Je regarde le paysage (vaut mieux 🙂 ) et pas un film ou mes mails sur un écran. Je baisse même la vitre pour parler aux indigènes. Et je méprise superbement ce que veulent de moi Google, Amazon, la NSA ou un nième logiciel de V.B.I.A.O (‘votre-bonheur-imaginaire-assisté-par-ordinateur’). A propos, c’est vous qui voulez rester autonome et mobile, ou c’est votre bagnole?

#10. Le succès de Pokémon Go était prévisible. C’est en fait un jeu directement extrapolé de ce qui vit déjà dans de nombreuses entreprises. A l’instar de cette application ‘addictive’ (comme le doit être tout produit digne de ce nom, aujourd’hui), quelques équipes managériales sous influence arrivent encore à vous fait croire :
– qu’elles favorisent la mobilité et les échanges sociaux alors que, où que vous soyez, vous gardez toujours plus les yeux visés sur un écran;
– que vous êtes ‘dresseur’ alors que c’est vous le Pokémon;
– que vous êtes en réalité augmentée alors que vous l’êtes rarement… en réalité.

Sur ce, … bel été à chacun ! Ouvrez l’œil et le bon !

*aubry pierens

PS : Chaque Français lit en moyenne 2,4 livres pendant ses vacances
(étude YouGov/lastminute.com).
Vous davantage, bien sûr !
Donc n’oubliez pas d’emporter dans vos bagages ou de vous faire livrer
FNACAMAZONLA PROCUREDECITRE :

Un Regard Peut Tout Changer.
Les conseils impertinents d’un consultant.
Aubry Pierens (Editions Salvator) 

Cela pourrait vous donner de bonnes idées
pour la rentrée !:-)

Être visionnaire ? Oui, vous pouvez !

Dans un court commentaire audio destiné à ceux qui pensent trop vite qu’ils ne seront jamais, ni visionnaires, ni entrepreneurs de leurs vies, Aubry Pierens, raconte un cas professionnel qui prouve le contraire.

 

 U.R.P.T.C (Un Regard Peut Tout Changer) vous attend chez votre libraire préféré ou au bout de l’un de ces liens : 
FNAC
DECITRE
LA PROCURE 
AMAZON

La meilleure chance de nous en sortir, c’est nous!

Court commentaire audio d’Aubry Pierens sur le chapitre 8 d’Un Regard Peut Tout Changer (Editions Salvator) où il est question de la réelle capacité de chacun à faire bouger les choses.

Mais si, mais si …vous pouvez !

 U.R.P.T.C (Un Regard Peut Tout Changer) vous attend chez votre libraire préféré ou au bout de l’un de ces liens : 
– FNAC
– DECITRE
– LA PROCURE 
– AMAZON

Naître accroît considérablement les chances de mourir.

Court commentaire audio d’Aubry PIerens sur le chapitre 6 d’Un Regard Peut Tout Changer intitulé : ‘Naître accroît considérablement les chances de mourir !’

 

 U.R.P.T.C (Un Regard Peut Tout Changer) vous attend chez votre libraire préféré ou au bout de l’un de ces liens : 
– FNAC
– DECITRE
– LA PROCURE 
– AMAZON

Vivons-nous dans le vrai monde ou dans la matrice ?

Court commentaire audio d’Aubry Pierens sur le Chapitre 4 d’Un Regard Peut Tout Changer : Le vrai monde est toujours là !

 

 U.R.P.T.C (Un Regard Peut Tout Changer) vous attend chez votre libraire préféré ou au bout de l’un de ces liens : 
– FNAC
– DECITRE
– LA PROCURE 
– AMAZON

On a tous quelque chose en nous de Lara Croft !

Dans le troisième chapitre de ‘Un Regard Peut Tout Changer’ (U R P T C), vous allez découvrir comment la logique des mondes virtuels peut façonner subrepticement chacune de nos vies.
Alors … ready ? Set ? Go !!!!!

 

Court commentaire audio d’Aubry Pierens sur à propos de : « On a tous quelque chose en nous de Lara Croft »

  U.R.P.T.C (Un Regard Peut Tout Changer) vous attend chez votre libraire préféré ou au bout de l’un de ces liens :
– FNAC
– DECITRE
– LA PROCURE 
– AMAZON